Notre petite histoire
Nous sommes une petite famille balinaise, originaire du village des forgerons de Tihingan (Spécialisés aux Instruments musicaux, Gong et Gamelan). . Mais nous sommes issus de la caste des guerriers qui ont pour fonction de protéger le territoire, le roi et la communauté, en temps de guerre. Depuis la fin de la 2ème guerre mondiale, Bali n’a plus connu de conflits et le roi de Bali nous a attribué des rizières autour de son palais.
Petit a petit, la terre et la ferme qui avait été hérité de notre famille est devenu plus petit, parce qu'il a été partagée par un certain nombre de membres de la famille. A ce moment là, mon père, Gusti Sunirtha, a décidé de tenter sa chance à Denpasar, parce qu’il ne voyait plus d’oportunité à Tihingan. Cette decision a changé son destin entièrement.
Notre amour pour la culture française vient de mon père – I Gusti Ketut Sunirtha. Il y a, dans la vie, des rencontres qui peuvent profondément changer un destin : et c’est le cas avec la rencontre entre mon père et Jean-Pierre Higiel - un chirurgien français établi en Thaïlande et originaire de Cavaillon.
Durant les années 70, Jean-Pierre, en visite à Bali, cherchait une grande statue en bois de Rama et Sita ; il entra dans le magasin où travaillait mon père qui lui proposa de l’accompagner directement dans un village d’artisans afin de répondre à sa demande. La gentillesse, la disponibilité et l’hospitalité balinaise a su toucher Jean-Pierre en plein cœur et une amitié est ainsi née. Un jour, Jean-Pierre voulut passer quelques mois dans le village : il fut si bien reçu qu’il s’intégra à la vie quotidienne du village en travaillant dans les rizières et en aidant la communauté dans ses tâches quotidiennes. Son passage a marqué tous les habitants qui se souviennent encore de lui à ce jour.
Un jour, Jean-Pierre est retourné chez lui, mais juste avant son départ, il a lancé à mon père, encore célibataire à l’époque : « Bali est une merveille, mais tu peux changer ton destin ; je te laisse ce livre pour que tu apprennes l’anglais puis tu pourrais venir en France pour apprendre le français » ; Apres quelques mois, Jean-Pierre est revenu une deuxième fois à Bali .. pour visiter la famille de Gusti et passer ainsi quelques semaines au village.
Avant qu’il ne reparte pour la Thaïlande, il a proposé à Gusti d’explorer ensemble les îles de la Sonde ; afin de se préparer à ce voyage, il lui a remis une coquette somme d’argent, afin d’acheter une moto suffisamment puissante pour découvrir cet endroit ; à cette époque, en effet, les moyens de transports étaient minces, mais l’intention réelle de Jean-Pierre était avant tout de tester l’honnêteté et la sincérité de Gusti : allait-il utiliser cette somme à bon escient ? Était-il réellement motivé à entreprendre cette aventure ? Était-il digne de confiance ?
Gusti acheta alors une Yamaha Special 125 cm3 et, trois mois plus tard, Jean-Pierre revint sur Bali. Voyant que son ami Gusti avait été digne de confiance, il partit à l’aventure avec lui pendant plus d’un mois et demi, pour explorer les îles de la Sonde (Lombok, Sumba, Sumbawa, Bima, Komodo, Padar, Rinca, Flores, Maumere) et parvinrent à proximité de Timor. De retour de ce long périple, la fidèle moto rendit l’âme et dût être entièrement révisée et réparée pendant plusieurs semaines.
Jean-Pierre invita alors solennellement toute la famille de Gusti et il invita ce dernier à venir en France pour un projet qu’il avait en tête. En un premier temps, la famille de Gusti accueillit cette proposition avec quelques appréhensions car la France était pour eux un pays si lointain qu’ils en doutaient même de son existence sur une carte géographique. Après un long débat, la famille donna toutefois à Gusti son autorisation bien que cela ait été un choix de cœur difficile.
En guise de deuxième test, Jean-Pierre laissa le soin à Gusti d’organiser toutes les étapes à entreprendre afin qu’il le rejoigne en Thaïlande :
Aussitôt dit, aussitôt fait : quelques jours après, Gusti prit son billet d’avion pour la Malaisie, où il entreprit le commerce des Batiks ; avec le bénéfice qu’il put en dégager, il visita la Malaisie et Singapour où il fit écoula également les alcools qu’il avait achetés. Gusti partit ensuite rejoindre Jean-Pierre en Thaïlande …
De là, Jean-Pierre et Gusti partirent à l’aventure, en sillonnant l’Asie de sud est (Thaïlande, Philippines, Cambodge, Vietnam, Laos, Myanmar, Bangladesh, Népal, Inde, Pakistan, Afghanistan, Iran, etc..) : au total, pas moins de 17 pays traversés pour rejoindre la France !
Mon père passa alors une année à Cavaillon à travailler comme « homme-à-tout-faire » dans la famille de Jean-Pierre, puis 2 ans à Paris où il étudia la langue française a l’Alliance Française à Paris. Puis il obtint des bourses pour pouvoir continuer ses études à la Sorbonne. Un jour Jean-Pierre appela mon père et lui proposa de donner des conférences sur le thème de Bali, et Gusti accepta sa proposition; parmi les personnes présentes lors de ses conférences, il y avait des agences de voyage qui, très intéressées par la culture et les histoires de mon père, lui ont demandé de promouvoir l’île des Dieux en tant que tour opérateur.
La crise économique en France a cependant poussé mon père à rentrer dans sa famille. Tous au pays le croyaient mort, et, lorsque Gusti revint à Bali, les gens du village pensaient littéralement avoir vu son fantôme ! En effet, alors qu’il était en France depuis plusieurs mois, n’ayant plus de nouvelles et le croyant mort, son père avait organisé la crémation de son âme lors d’une cérémonie collective organisée par le village.
Un jour, alors qu’il était sans travail, il rencontra sur la plage de Sanur un touriste français à qui Gusti raconta ses péripéties. Ce touriste se trouvait être le Directeur de l’Alliance Française et le gérant d’un grand hôtel à Bali : épaté par son français, il lui proposa immédiatement d’être en charge de l’accueil des touristes francophones sur l’île. C’est ainsi que mon père devint, et est encore à ce jour, un guide freelance francophone et qu’il continue, encore aujourd’hui à transmettre à sa femme, ses enfants et à ses petits-enfants, la passion de la culture et de la langue française. Chez nous, nous parlons tous français et ma sœur, Ayu, a aussi passé quelques temps en France.
Pour ma part, j’ai appris le Français à l’âge de 12 ans et je le dois entièrement à mon père..
En effet, depuis mon plus jeune âge, nous recevions à la maison énormément d’amis français et, avec ma sœur, nous prenions plaisir à chanter pour nos hôtes des chansons françaises typiques comme Frère Jacques, Alouette, La famille de tortue, Coucou hibou, Le petit poisson dans l’eau, Petit papa Noel, etc.
Par la suite, j’ai entrepris des études dans une Ecole Hôtelière sur la presqu’ile de Nusa Dua.
À le même époque j’avais travaillé comme musicien dans des petits bars à Kuta et sur la plage de Jimbaran. J’ai aussi passé 7 mois dans un hôtel à Singapour où j’ai effectué un stage en tant que barman.
Lorsque je suis revenu au pays, j’ai poursuivi mes études, tout en travaillant en tant que chauffeur de tourisme.
Malheureusement, suite aux attentats à Kuta en octobre 2002, le tourisme chuta drastiquement et j’ai du arrêter mes études car il n’y avait plus de travail dans ce secteur, et ce pendant plus de 2 ans.
Un jour, je rencontrai par hasard un ami d’enfance, et il me proposa d’aller travailler sur des bateaux de croisières. Ravi de pouvoir renouer avec le secteur du tourisme, j’envoyai immédiatement mon dossier de candidature à Jakarta, où se trouvait le siège de l’agence de croisières en question : j’ai passé tous les tests et finalement j’ai réussi à décrocher une place et à travailler pendant 14 mois en tant que Barman sur un grand bateau de croisière – Le Princess Danae – qui faisait partie du groupe Costa Croisières. J’ai ainsi eu la chance immense de visiter de nombreux pays partout dans le monde.
En 2004, je revins au pays et j’ai travaillé pendant quelques mois au Club Med a Bali comme G.O a la réception.
Puis, j’ai rejoins l’entreprise familiale : et aujourd’hui je travaille avec mon père, mes cousins et mes amis très chers. J’offre des circuits sur mon île natale, en alliant les aspects liés à la nature, au monde spirituel et au domaine social et humanitaire.
De par nos expériences, nos philosophies, notre souhait de conserver nos traditions et nos coutumes, nous avons pris la décision de ne plus faire de tourisme de masse, et nous aimerions ainsi vous montrer la vraie vie de Bali. Vous prendrez ainsi des routes ou des nouveaux chemins qu’il nous arrive même de découvrir avec vous, tant ils sont peu fréquentés et éloignés des routes touristiques proposés par les voyagistes classiques. Nous voulons ainsi vous éviter les arrêts "restauration" et "shopping" surfaits, où tous les guides sont commissionnés.
Nous aimerions nous occuper personnellement de vous : vous serez ainsi les seuls occupants du véhicule. Nous sommes là pour vous conseiller, guider mais c'est vous qui serez les maîtres de votre voyage. Vous voyagerez au gré de vos désirs, vous mangerez quand vous aurez faim, vous vous arrêterez lorsque vous en aurez envie, vous participerez, si vous le souhaitez, à des cérémonies et des diverses manifestations de la vie balinaise ; en bref, vous avez une totale liberté pendant vos vacances à Bali et en Indonésie.. Des vacances à la carte avec tout un art de vivre.